POURQUOI ET COMMENT NOUS LIBÉRER DE L’IMAGE DE SOI

Par Sam's • 15 fév, 2017 • Catégorie: ARCHIVES, EDITO, EXPLORATIONS DE CONSCIENCE, R-ÉVEIL

Ce que nous pensons être nous-mêmes n’est en fait
qu’une idée fausse. Et la majeure partie de notre énergie est sacrifiée pour le maintien de cette image.

La véritable liberté est une absence totale d’intérêt pour soi-même, à laquelle on parvient une fois qu’on a libéré le noyau d’énergie qu’on a de soi. Or cette énergie ne se libère que quand on rejette l’image de soi même, de sa propre importance qu’on croit inviolable ou indiscutable.

Le prix de la liberté est très élevé. On ne peut atteindre la liberté qu’en rêvant sans espoir, en acceptant de tout perdre, y compris le rêve lui-même. Pour certains, rêver sans espoir, se battre sans but est la seule manière de suivre dans son vol l’oiseau de la liberté.

Florinda Donner Grau - Les portes du rêve -

 L’IMAGE DE SOI

NOTRE ÉTAT NATURELLE EST LA CONSCIENCE 

Une conscience qui n’est pas conscience de quelque chose, mais un état de pure expérience qui embrasse tout. Dans cet état de conscience, notre esprit est équilibré, léger, libre et souple.

Cependant nous ne sommes pas capables de rester dans cette conscience, car notre inclination immédiate est de vouloir est de savoir qui fait l’expérience de quoi. En résultat, la conscience cède à la conscience ordinaire qui divise nos perceptions en sujet et objet, créant comme sujet une « image de soi », le « je ».

Mais qu’est ce « je » exactement ?
Pouvons-nous effectivement le trouver quelque part
dans l’esprit ?

Quand nous examinons attentivement cette question, nous voyons que le « je » est simplement une image projetée par l’esprit. Ce « je » n’a pas de réalité en lui-même, pourtant nous le croyons réel et le laissons diriger notre vie. Ce « je » obscurcit alors notre conscience et nous sépare de notre expérience en la divisant en un pôle subjectif et un pôle objectif.

Sous l’influence de l’image de soi,
nous perpétuons cette orientation sujet-objet.

Dès que nous l’identifions, la comparaison commence ; le désir de saisir et l’égoïsme suivent rapidement. L’esprit établit alors la discrimination et les jugements, ce qui entraine des conflits.

L’image de soi fournit de l’énergie à ces conflits qui, en retour, nourrissent cette image. Elle se perpétue ainsi et tend à filtrer l’expérience de diverses manières qui ne laissent fonctionner que ses structures rigides.

Sans ouverture ni acceptation, l’image de soi nous emprisonne dans des blocages et des rétrécissements. Le cours naturel de notre énergie est interrompu, l’étendue de notre capacité de réponse et la profondeur de notre expérience sont sévèrement limités.

Pour nous libérer de l’interférence de l’image de soi afin que notre équilibre naturel ait l’espace nécessaire à son fonctionnement, il faut d’abord voir que l’image de soi n’est pas une partie authentique de nous-mêmes, que nous n’en avons pas besoin et qu’en fait, elle obscurcit notre être véritable. Un moyen d’y arriver est de prendre du recul et d’observer nos pensées chaque fois que nous sommes en pleine effervescence émotionnelle.

Même lorsqu’on est profondément troublé, il est possible de se dissocier de la douleur de l’émotion. 

Prenez du recul et regardez vraiment la douleur. Cet état de connaissance vous permettra de voir qu’en réalité, la perturbation est due à l’image de soi. Vous pouvez même voir qu’une bonne partie de votre malheur résultait à nourrir des espoirs irréalisables. L’image de soi est en fait une sorte d’élucubration, aussi tend-elle à construire un monde imaginaire. Cette activité d’imagination suscite beaucoup d’énergie ; quand ces idées imaginaires ne s’avèrent pas vraies, l’énergie est bloquée et tourne à la frustration.

Nous pouvons trouver à nos difficultés toutes sortes de raisons rationnelles, mais un regard honnête est capable de dépasser ces raisons pour découvrir que notre état malheureux vient de ce que nous nous identifions à l’image de soi et suivons ses prescriptions. Elle nous domine, nous contrôle : nous tombons sous son emprise et perdons notre indépendance.

Même lorsque nous voyons notre mauvaise situation et essayons consciemment d’arrêter cette souffrance, l’image de soi nous amène souvent à renouveler encore et encore des expériences douloureuses.

IL SE PEUT QUE NOUS NE VOULIONS PAS CHANGER

L’attachement à une image personnelle est très puissant : nous pouvons ne pas avoir envie de chercher de nouvelles alternatives parce que nous sentons la possibilité d’une perte de notre « identité ».

En fait, nous nous accrochons souvent à notre souffrance, car la souffrance semble offrir plus de sécurité que l’ouverture à un changement réel.
Pourtant, afin de ressentir dans notre vie un bonheur et un équilibre véritables, nous devons abandonner la cause foncière de notre souffrance : l’image de soi.

Dès l’instant où nous cessons de servir l’image de soi et ses besoins, toutes nos difficultés disparaissent ; notre énergie, libérée, circule sans heurts. Cette énergie peut alors être utilisée pour élever encore plus notre compréhension de nous-mêmes.

Replongez dans vos émotions et rendez-les volontairement aussi vives que possible, en laissant les sensations devenir de plus en plus intenses. Observez la nature avide de l’image de soi : elle pose toujours ses exigences, elle veut toujours davantage. En nourrissant l’image de soi, nous perpétuons ce que nous ne pouvons jamais satisfaire essentiellement. A la fin, toute satisfaction nous devient difficile à trouver, car l’avidité change la satisfaction en frustration.

 

La frustration mène à des sentiments négatifs, mais tout ce qui est négatif est en conflit avec la positivité inhérente à notre énergie mentale. La transformation de sentiments négatifs se fait naturellement quand nous cultivons envers toute expérience une attitude positive d’acceptation. L’énergie qui en résulte nous rend plus créateurs, plus conscients, plus ouverts à apprendre.

Cette énergie peut contrecarrer l’action de l’image de soi qui se nourrit de la négativité et redouble de force à chaque frustration qu’elle subit.

Dès que nous voyons ce qu’est l’image de soi, nous savons que nous pouvons changer, que nous pouvons développer une certaine souplesse dans notre attitude sans abandonner quoi que ce soit. Ce changement est possible parce que notre conscience, par nature, n’est pas fixe, mais souple.

On peut développer cette souplesse en adoptant de nouvelles perspectives. Par exemple, chaque fois que vous vous sentez malheureux, dites : « Je suis heureux. » Dites-le vous avec force, même si vous ressentez le contraire.

Rappelez-vous : c’est votre image personnelle qui est malheureuse, ce n’est pas vous.
Il est possible de passer instantanément à une attitude heureuse, équilibrée, et d’y rester en y croyant. Ce choix est là, quand vous êtes ouvert à une attitude positive.
Tout votre état intérieur peut changer, même si les conditions extérieures ne changent pas.

Un autre moyen de contrecarrer l’image de soi est de s’immerger dans l’état malheureux, le ressentir et y croire ; puis en le retournant vivement, électriquement, comme un poisson filant dans l’eau, le changer en bonheur.

D’abord, soyez l’expérience, acceptez-là complètement.
Puis sautez à l’extrême opposée.
 

Que se passe-t-il ? Il est possible de voir clairement les différences entre l’expérience positive et la négative, et parfois de ressentir les deux en même temps. En sautant mentalement du positif au négatif, puis vis versa, nous verrons que les deux sont des manifestations de la conscience-connaissance et ont, en tant que telles, une énergie neutre, utilisable.

Au début, apprenez à manier habilement cette technique de changement instantané. Vous pouvez voir ce que vous ressentez maintenant, comment c’était avant et, ressentir parfois simultanément les deux situations. Cette technique enseigne l’acceptation, car elle permet d’avoir des sentiments positifs à propos de toute expérience.

Le choix est nôtre : suivre l’image de soi qui fait de nous ses prisonniers, ou développer une attitude positive qui apporte légèreté, plénitude, intégralité. Du côté positif, ni attente, ni frustration, ni image de soi dominatrice ne nous écarteront de l’immédiateté de notre être. Les obstacles et les distractions ne divisent plus nos sentiments et notre esprit. Nous sommes équilibrés et nous nous sentons complets juste tel que nous sommes.

Quelle que soit où nous nous trouvons, nous pouvons choisir notre environnement mental. Et choisir l’équilibre donnera une finalité à la vie. Le choix est nôtre ; nous n’avons qu’à choisir le chemin de la liberté.

Tarthang Tulkou

Retranscrition et mise en images par Sam’s

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