DU MÉCANISME DES CROYANCES

Par Sam's • 16 août, 2016 • Catégorie: ARCHIVES, EDITO, EXPLORATIONS DE CONSCIENCE

“Ce ne sont pas les choses qui nous nuisent, mais le jugement
que nous portons sur elles.”

Si nous prenons le temps de considérer le regard que nous portons sur le monde et sur nous-mêmes, nous constatons qu’il est influencé par des croyances, des préjugés, des jugements souvent érigés en certitudes, et qui se dressent entre la réalité que nous expérimentons et la perception que nous en avons.

Là où nous croyons répondre en toute liberté aux sollicitations de notre environnement, nous ne faisons bien souvent que réagir de manière conditionnée à des visions de notre esprit.

Il en est de même lorsque nous faisons face à une souffrance, qu’elle soit d’ordre émotionnel, psychique, moral ou même physique ; ces visions de l’esprit agissent alors comme des filtres qui conditionnent notre perception et influencent nos comportements, nous privant de notre libre arbitre.

Mais quelles sont donc ces visions de l’esprit qui semblent pervertir notre relation au monde ? Je veux parler ici de ce mécanisme subtil grâce auquel naissent en nous, dès notre plus jeune âge, de nouvelles croyances : mécanisme simple et complexe à la fois, qui possède deux versants, l’un productif, l’autre limitant.

Du rôle structurant des croyances …

Le premier versant constitue le maillon principal de tout apprentissage.

Pour le comprendre, prenons un exemple simple : jeune enfant, nous expérimentons pour la première fois que l’eau bouillante est dangereuse au toucher, peut-être à la suite d’une expérience désagréable, voire douloureuse !

Notre mémoire l’enregistre, puis en généralise la conclusion pour élaborer une pensée qui aboutira ensuite à un comportement nous permettant, par anticipation, d’éviter de nous brûler en nous méfiant de l’eau qui bout.

Il n’est pas nécessaire que cette expérience se répète pour que la pensée qu’elle a engendrée s’inscrive définitivement dans notre esprit en tant que vérité avérée une fois pour toutes. Heureusement, d’ailleurs, car si tel n’était pas le cas, nous serions tous de grands brûlés à l’âge adulte !

Ce mécanisme se révèle donc salutaire et nous permet de mémoriser tout un réseau d’informations que nous acceptons comme vérités et sur lesquelles nous basons nos comportements.

Au fil des ans, à mesure que nous expérimentons le monde et ses multiples sollicitations, ce réseau s’enrichit de milliards de données auxquelles nous ne pouvons pas nous permettre de penser constamment, sous peine de sombrer dans la folie !

Ces données sont donc reléguées dans notre inconscient qui se charge alors de générer des actes, gestes et comportements réflexes.

Les neurosciences ont révélé que près de 90% de nos actes se déroulent de manière réflexe et inconsciente. Si notre conscience devait se préoccuper de répondre aux sollicitations extérieures à chaque instant, nous serions littéralement saturés.

Cette aptitude de notre inconscient à générer des actes réflexes nous permet également de réagir promptement dans des situations où une réflexion approfondie nous mettrait en danger.

Ainsi délestée, notre conscience peut se concentrer sur des situations requérant notre esprit critique, notre créativité, notre réflexion et tant d’autres aptitudes.

Bien évidemment, l’élaboration de nos croyances ne provient pas que de nos expériences propres. Beaucoup d’entre elles sont issues de notre culture, de notre religion (ou de notre athéisme), de notre éducation et de tant d’autres sources que nous avons intégrées après qu’elles nous ont été transmises.

En somme, les croyances qui structurent nos vies reposent la plupart du temps sur les représentations du monde élaborées par d’autres personnes avant nous. Est-il besoin de rappeler que l’adhésion à ces croyances nous permet de renforcer notre sentiment d’appartenir à une communauté et d’y être adaptés ?

Dans une société de plus en plus conformiste, il devient presque dangereux de remettre en question certaines idées communément admises.

… à leur toxicité et leur pouvoir limitant.

 

Seulement voilà, au-delà de leur rôle structurant, ces croyances façonnent également nos existences de manière limitante, voire aliénante si nous n’y prenons pas garde.

Ces idées reçues que nous traînons avec nous portent en elle les germes de leur propre réalité, à savoir que le fait même d’y croire nous pousse inconsciemment vers leur accomplissement. Adopter une croyance revient à ordonner à notre cerveau de tout mettre en place afin que cette croyance se réalise, et ce, de manière tout à fait inconsciente.

Le pouvoir de l’imaginaire sur notre réalité vécue est aujourd’hui pris très au sérieux par la science. Celle-ci reconnaît que le regard que nous portons sur une expérience influe sur l’expérience elle-même. En d’autres termes, la science semble disposée à admettre que l’univers dans lequel nous évoluons n’est qu’un reflet des croyances auxquelles nous adhérons.

Notre imaginaire recourt en fait à la force persuasive de notre inconscient dans lequel se sont logées nos croyances pour dresser entre nous et la réalité des filtres perceptifs qui nous permettent d’appréhender cette réalité de manière à ce qu’elle corresponde à notre système de pensées.

Prenons un nouvel exemple : vous avez eu une enfance malheureuse. Vous en avez conclu (peut-être inconsciemment) que de manière générale, les gens sont malveillants et indignes de confiance. Il est probable que votre manière de percevoir votre environnement va chercher à confirmer ce que vous pensez.

Dès lors, lorsque quelqu’un vous bouscule dans les transports en commun, vous en conclurez qu’il l’a fait exprès ; de même lorsqu’un collègue auquel vous faites signe dans la rue ne vous répond pas, vous en conclurez qu’il vous nie (alors qu’il ne vous avait pas aperçu), etc. Les exemples abondent.

Progressivement, pour vous protéger, vous développerez une attitude méfiante, voire agressive, ce qui risque de détériorer vos relations et renforcer par là même la piètre opinion que vous avez de votre environnement. Les gens vous éviteront, vous rejetteront peut-être, ce qui tendra à affermir votre sentiment d’être la victime directe de la malveillance humaine.

Si la méfiance envers des personnes de notre entourage peut avoir été la réponse ajustée à un moment de notre histoire (par exemple un enfant vis-à-vis d’adultes violents ou abusifs), le fait d’en avoir élaboré une croyance qui se généralise peut faire de nous des êtres asociaux, qui se déresponsabilisent et se posent en victimes ; nous risquons alors de vivre à répétition des situations de rejet sur lesquelles nous penserons n’avoir aucune prise et qui viendront entériner notre système de croyances, créant un cercle vicieux et délétère.

L’origine de ce processus répétitif est donc à chercher dans des jugements que nous portons sur nous-mêmes ou des préjugés acceptés comme vérités.

Face à des enjeux importants de notre vie (trouver ou quitter un travail, rencontrer un compagnon ou une compagne, élever un enfant,…), nous pouvons nourrir différentes formes de jugements ou de préjugés: nous pouvons considérer que notre objectif est impossible à réaliser quelles que soient nos capacités, ou bien que nous ne sommes pas capables d’atteindre notre objectif quels que soient les moyens mis en place, ou enfin que nous ne méritons peut-être pas de le réaliser, n’étant pas dignes de réussir.

Quelques exemples de nos croyances les plus répandues? “À mon âge, on ne change pas”, “Je n’y arriverai jamais”, “Si untel n’a pas guéri de cette maladie, je ne le pourrai pas non plus”, “Je ne m’en sortirai jamais”, “Je serai toujours abandonné par mon partenaire” (je ne suis pas digne de garder mon partenaire), “je n’ai jamais de chance”, “je ne suis pas fait pour…”, “Je suis incapable de…”, etc.

Combien de fois par jour laissons-nous ces pensées dévalorisantes marteler notre esprit ? Une fois intégrée, une telle dévalorisation de soi a tôt fait de nous pousser à la résignation, de briser en nous tout espoir de changement et du même coup de nous couper de notre potentiel qu’elle ne fait que dissimuler.

L’attachement aux croyances

Or, nous l’avons vu, lorsque nous laissons une pensée prendre possession de notre esprit, par exemple à force de nous la répéter sans cesse, celle-ci se grave dans notre subconscient et forme progressivement une croyance qui va s’ancrer de plus en plus durablement, d’autant que plus nous croyons que quelque chose est vrai, plus notre esprit va s’y référer.

Cette croyance et cette pensée vont alors donner naissance à un comportement, c’est-à-dire un ensemble de gestes, de paroles et d’actions qui, se répétant, fortifieront la vision de l’esprit qui les a engendrés.

Mais le processus peut encore aller plus loin et s’enraciner si profondément dans notre esprit que le comportement n’aura bientôt plus besoin d’être relié à la pensée initiale et poursuivra son chemin de manière automatique et réflexe, jusqu’à faire désormais partie de notre caractère.

Le fait est que nous sommes souvent d’autant plus attachés à nos croyances que celles-ci nous ont structurés, a participé à construire notre personnalité, voire notre système de valeurs. Peut-être même constituent-elles ce qui nous rapproche de l’entourage que nous nous sommes choisi.

Une croyance commune est souvent le ciment qui consolide bien des relations humaines, à l’image de la foi qui rassemble autour d’une même religion des millions d’hommes et de femmes.

Bien qu’elles restreignent notre vision du monde et de la réalité, nous enfermant dans une vision unique et limitée, nos croyances correspondent souvent à des injonctions faites par les personnes qui furent les plus importantes à nos yeux, qui nous ont servi de références au moment même où nous nous construisions.

Lâcher purement et simplement ce cadre de référence auquel nous nous identifions peut s’avérer très angoissant et nous donner l’impression de perdre notre identité. Pour beaucoup, cela s’apparente à un saut dans le vide.

Il n’est d’ailleurs pas toujours facile d’admettre que notre souffrance se nourrit de nos habitudes, nos croyances et tous ces repères que nous considérons comme valables et nécessaires. Leur toxicité n’apparaît souvent qu’au bout d’un long travail de remise en question et nos résistances à les changer sont très puissantes !

Mais pour ébranler durablement les fondements mêmes de notre souffrance, pour que celle-ci puisse cesser, il nous faut apprendre à tourner le dos à ces repères et ces croyances, accepter l’impression de se perdre, traverser l’état provisoire de confusion ou de vulnérabilité que cela peut engendrer.

Le “lâcher-prise”, terme un peu galvaudé de nos jours, n’est peut-être rien d’autre que l’abandon pur et simple, conscient et volontaire, de nos croyances les plus ancrées et de la vision contre-productive qu’elles nous font adopter.

S’en suit une ouverture à l’inconnu qui, une fois la confusion passée, offre très vite de nouvelles perspectives, que nous ne pouvions imaginer auparavant.

   Olivier Pilette pour http://www.enconscience.com

Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas.
C’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles.

- Sénèque -

 Petit protocole pour détecter une croyance limitante

La regarder en face, comprendre pourquoi nous avons fait ce bout de chemin avec, faire la paix et lui dire au revoir.

1. Détecter une croyance limitante ou un conditionnement désuet

Ce qui nous pousse à observer et détecter une croyance est le constat d’une souffrance répétée ou récurrente, ou encore lorsque notre entourage nous conseille de prendre du recul avec une de nos certitudes.

Prenons un exemple : nous avons presque tous la croyance que nous ne pouvons pas faire entièrement confiance à notre ressenti ou à notre intuition. Or cette croyance est issue de notre éducation.

Quelqu’un souffre d’une situation professionnelle qu’il considère comme étant digne de reconnaissance sociale, de valorisation aux yeux des autres. Et malgré les nombreux avantages rationnels que cette personne trouve à son travail, elle ressent de la souffrance psychique et physique.

De plus en plus, elle ressent qu’elle n’est pas totalement à sa place mais refuse de se croire, préférant se fier à son mental plutôt qu’à son ressenti. Ce conditionnement est issu d’une éducation où les adultes ont fait comprendre à l’enfant qu’ils savaient bien mieux que lui ce qui était bon pour lui.

L’enfant est bien plus connecté à son intuition et à son for intérieur, ainsi lorsqu’il disait qu’il n’avait pas du tout envie de faire quelque chose (manger un aliment, faire un sport, donner un bisou à quelqu’un etc ) mais que ses parents lui expliquaient qu’il fallait le faire quand même, que c’était ce qu’il y avait de mieux pour lui, alors l’enfant a compris et intégré dans son système de croyance que ce qu’il ressentait, sa guidance intérieure, était fausse et qu’il ne devait pas la suivre.

Ce conditionnement qui nous pousse à rejeter notre ressenti en vertu de la croyance que nous ne savons pas ce qui est bon pour nous, est très présent. Or, une fois que nous prenons conscience que ce n’est qu’un conditionnement alors nous regardons tous les choix que nous avons fait en suivant la vérité des autres et nous comprenons pourquoi nous ne nous sentons pas alignés.

Il en est de même pour la croyance que ne sommes pas dignes d’être aimés tels que nous sommes. Cela fait notamment référence à une multitude de croyances allant du « si tu n’es pas gentille, tu n’auras pas de câlin » (privation d’amour si nous ne nous adaptons pas aux autres), jusqu’à l’implicite « vous rencontrerez un homme qui vous aimera lorsque vous rentrerez dans du 36 avec un derrière rebondi et sans cellulite s’il vous plait », véhiculé dans de nombreux messages publicitaires (conditionnement social).

Une liste exhaustive est totalement impossible mais retenons ce principe que nous faisons nôtre, la vérité de quelqu’un d’autre et que nous en sommes en capacité de détecter cette croyance.

2. Comprendre pourquoi nous lui avons tenu la main jusqu’alors

Une fois que nous avons identifié notre croyance, celle qui nous bloque comme : « on m’a toujours dit que j’étais nulle pour étudier » qui nous empêche de reprendre nos études, ou encore le «on sait bien que qu’il est impossible d’avoir 5 enfants et une carrière épanouissante », en passant par le « les gens vont me prendre pour une folle si je leur dis que je sais guérir avec mes mains », il faut remonter à la racine de la croyance.

Est-ce mon besoin de me faire accepter qui me pousse à nourrir des croyances, au prix du déni de ce que je suis vraiment ? Est-ce un manque de courage qui me fait me conforter dans cette idée que je ne suis pas capable de reprendre mes études ? Est-ce la peur de contester des normes sociales qui font que je ne peux croire à mon rêve d’être à la fois une bonne mère et jouir d’une carrière épanouissante ?

A la racine de tout empêchement il y a une peur ou une blessure qui n’est pas toujours atteignable et qui se tapie dans un coin de notre cœur. Ainsi, nous pouvons utiliser la croyance ou le conditionnement pour remonter jusqu’à cette peur qui ne veut pas se montrer. Nous pouvons aller la sortir de son petit coin d’ombre pour la mettre en lumière.

3. Accepter son existence et faire la paix

Vient ensuite l’étape de la reconnaissance et de l’acceptation de la croyance. Il ne sert à rien de la blâmer puisque nous étions d’accord pour lui tenir la main. Mais nous pouvons la remercier pour cette prise de conscience à laquelle elle nous a amené, pour la peur ou la blessure qu’elle nous a permis de mettre en lumière.

Nous pouvons la visualiser sous la forme que nous souhaitons et la regarder s’en aller, ou encore l’envelopper de lumière pour la bénir de nous avoir aider sur notre chemin. Cette croyance qui était une de nos vérités a eu son rôle à jouer, celui de nous conduire vers une partie de nous-mêmes que nous ne pouvions voir, trop douloureuse ou trop sombre pour émerger toute seule.

Ce travail peut prendre du temps. Il est parfois nécessaire d’y revenir à plusieurs fois car la croyance s’accroche, ou c’est nous qui nous accrochons à elle, elle nous est tellement familière qu’elle en devient rassurante. Puis vient le temps des adieux.

En acceptant d’avoir vécu avec cette vérité-croyance, nous pouvons accepter de la transmuter, c’est-à-dire de travailler a la dissoudre pour laisser émerger une nouvelle vérité en alignement avec ce que nous sommes vraiment. Mais il est impossible de dissoudre quelque chose dont nous ne reconnaissons ni n’acceptons pleinement l’existence.

4. Lui dire au revoir et laisser notre nouvelle vérité émerger

Pour dire au revoir à une vérité, ou du moins à ce que nous tenions pour vrai, il faut laisser émerger en nous une nouvelle vérité. Lorsqu’elle vient du cœur, cette nouvelle vérité s’installe tranquillement en nous et nous ressentons de formidables sentiments de liberté et d’indépendance.

Par exemple, un personne dont les parents sont profondément athées aura un travail de libération de croyance pour laisser émerger sa foi. Son cœur sera libérer de la vérité d’une absence de toute transcendance ou immanence et laissera sa foi exister.

Il ne faut pas forcer une nouvelle vérité à émerger. En revanche, il est conseillé d’écrire ou de définir clairement les qualités que nous aimerions développer ou les nouvelles expériences de vie que nous souhaitons vivre. Ainsi, la vérité profonde qui nous amènera à notre besoin d’évolution, prendra place progressivement.

5. Ne pas s’attacher à cette nouvelle vérité
en vertu de l’impermanence de toute chose

Une fois que cette nouvelle croyance que nous tenons pour vérité s’est installée en nous et nous prend par la main pour nous conduire à la prochaine étape de vie, alors il est préférable de la regarder sans s’y attacher car nul ne saurait être certain que n’allons pas encore évoluer et faire évoluer par là même, notre système de croyance tout entier.

Gardons à l’esprit que la Vérité se passe de symbole et ne peut être exprimée par des mots. La Vérité se vit en son cœur et si nul ne peut en parler en des termes symboliques tels que les mots, c’est parce qu’elle est indicible. Pour toutes les autres vérités-croyances qui émergent de nos conditionnements et qui influencent notre quotidien, alors nous avons la capacité de les transmuter.

Enfin, il ne faut pas confondre croyances et mémoires. Les mémoires amènent également à des schémas de fonctionnement répétitifs et récurrents mais nécessitent une toute autre approche, souvent avec l’aide d’un professionnel.

La méditation reste une pratique fondamentale pour accéder à nos vérités les plus profondes, et pour certains, jusqu’à la Vérité.

Source : https://meditations-magazine.com

LIRE AUSSI :

ROMPRE AVEC SOI-MÊME POUR SE CRÉER A NOUVEAU».

ROMPRE NOS CROYANCES LIMITATIVES»

LES QUATRE PAROLES QUI GUÉRISSENT

Sam's est
Email à Sam's Webmaster | Tous les Articles de Sam's

Laisser un Commentaire ;-)